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19th Congress of KKE




Déclaration du Bureau politique du CC du KKE - Sur les développements et les mesures du gouvernement

Les derniers développements, avec les milliers de réfugiés et d'immigrés qui sont bloqués sur les îles de la mer Égée et à la frontière gréco-turque à Évros, confirment une fois de plus que la politique de l'UE et de l'OTAN que les gouvernements grecs ont suivie et respectent avec ferveur, est responsable de la dissolution des pays et du déracinement des peuples, ainsi que du fait que des peuples déracinés sont bloqués sur les îles et aux frontières. Cette politique a ouvert la voie à Erdogan pour tenter d’imposer ses propres objectifs, en utilisant la situation avec les réfugiés en tant que véhicule.

 

S'il n'y a pas de différend et de conflit avec cette politique, avec le règlement de Dublin et les accords UE-Turquie, alors aucune mesure de répression, aucune voix hypocrite de sensibilité et de sympathie de la part des fonctionnaires de l'UE, et aucun vœu pieux gouvernemental au regard de la solidarité de la part de l'UE, ne pourra faire face à  l’aiguisement du problème.

 

Ce qui se passera, c'est que le nombre de morts, y compris des jeunes enfants, soit augmenté, les réfugiés et les immigrés cherchent pour des voies d'évacuation plus dangereuses en étant à la merci des trafiquants et des gouvernements, comme celui d’Erdogan, qui les exploite pour ses propres jeux géopolitiques, ainsi que pour faire chanter afin d’obtenir des nouveaux échanges  de la part de l’UE, de l’OTAN et des États-Unis, pour le soutien de son invasion de la Syrie.

 

Lors de la réunion spéciale des ambassadeurs de l'OTAN, au cours de laquelle la Turquie a demandé l'aide de l'OTAN pour maintenir son occupation et essentiellement annexer les territoires syriens qu'elle a envahis illégalement, la prétendue réponse du gouvernement grec a été de ne soulever que la question du respect de la Turquie envers l’Accord sur l'immigration  entre l’UE et la Turquie. Si tel est le cas, c’est très dangereux car il tolère essentiellement la position agressive de la bourgeoisie turque au détriment des droits souverains d'autres pays et la violation d'accords qui déterminent les frontières comme l'Accord de Lausanne. Ce sont les peuples qui payent les conséquences de tout cela.

 

Ainsi, au lieu de « montrer sa puissance» contre les réfugiés et les habitants des îles appauvris et noyés, le gouvernement de la ND devrait montrer une attitude déterminée envers l'UE et l'OTAN, qui considèrent l'invasion turque d'Idlib comme «juste», offrant à Erdogan un alibi pour exploiter les réfugiés et les immigrés pour les ambitions de la classe dirigeante turque. Nous appelons le gouvernement de la ND à se retirer du règlement de Dublin et demander l'annulation de la déclaration commune UE-Turquie qui convertit la Grèce en un entrepôt d'âmes, afin que les réfugiés se rendent dans leur pays de destination.

 

À Évros et dans la mer Égée, les ennemis du peuple grec ne sont pas ceux qui sont les victimes de la barbarie capitaliste, ceux qui sont déracinés par les guerres et les interventions lancées par les États-Unis, l'OTAN et l'UE, avec le soutien de tous les gouvernements grecs, dans l'intérêt du capital grec. L'ennemi est la politique qui, d'une part, soutient les guerres impérialistes, augmentant les vagues de réfugiés et, d'autre part, fait de la Grèce un État-prison pour protéger la «forteresse» de l'UE.

 

La garde nécessaire de la frontière à Évros ne peut pas être utilisée pour légitimer des voix et des actions d'extrême droite, ouvertes et déguisées, pour promouvoir les cris racistes des ministres, ayant pour résultat que les auteurs de cette politique ne soient pas touchés. Les voix réactionnaires et xénophobes cherchant à tourner le peuple grec contre les victimes, les réfugiés et les immigrés, deviennent finalement le meilleur allié de ceux qui créent et soutiennent le problème, deviennent le meilleur allié du gouvernement Erdogan, qui essaie d'utiliser ces personnes pour ses propres fins.

 

À cet égard, nous nous opposons aux mesures annoncées par le gouvernement de la ND, et nous les considérons comme une impasse. En particulier, la demande d'application de l'Article 78, paragraphe 3, du «Traité de Lisbonne» pour la participation du corps européen de garde-frontières (Frontex), c'est-à-dire d'équipes militaires étrangères d'intervention rapide pour garder la frontière grecque, prend une direction dangereuse et cela compliquera la situation. Après tout, aucune solution n'a été apportée à ce jour par l'implication de l'OTAN et de Frontex dans la mer Égée. En fait, c'est tout le contraire.

 

SYRIZA et les autres partis ne disent rien au sujet du règlement de Dublin et de l'accord UE-Turquie, qui transforment les îles, le pays, en un centre de piégeage "ouvert" et "fermé".
Nous appelons le peuple grec, en particulier les habitants des îles et des régions frontalières, à organiser leur lutte, en se concentrant sur les responsables et les causes qui sont à l'origine du problème. À isoler à la fois le nationalisme réactionnaire et la répression, ainsi que le cosmopolitisme dangereux de la théorie des "frontières ouvertes". Le peuple doit être solidaire les uns des autres et forger une alliance dans le cadre de ses luttes contre les gouvernements bourgeois et leurs partenaires impérialistes.

 

Ce qu'il faut maintenant, c'est:
• Supprimer le règlement de Dublin et la déclaration commune UE-Turquie, qui sont de toute façon inefficaces et inactifs.
• Fermer tous les points chauds des îles de la mer Égée et ne pas en créer de nouveaux, ni fermés ni ouverts.
• Libérer immédiatement les réfugiés détenus sur les îles, et mettre en œuvre des procédures accélérées pour leur permettre de se rendre dans leur pays de destination.
• Que l'UE et l'ONU organisent et mettent en place maintenant des procédures d'asile, en Turquie et à la frontière avec la Grèce et à la frontière avec la Syrie, et des procédures de déplacement des réfugiés vers leur pays de destination. Cette mesure peut soutenir le droit des réfugiés à une protection en vertu des conventions internationales.
• Mettre fin à toute participation, soutien et implication dans les actions et opérations de l'OTAN, des États-Unis et de l'UE dans la région du Moyen-Orient qui soutiennent l'invasion de la Syrie par la Turquie, les interventions en Libye, perpétuant la guerre et les catastrophes.

 

ATHÈNES 3/3/2020
LE BP DU CC DU KKE



KNE 2011